Liberté de choix au royaume de la laïcité
Pour qui nous prend-on ?
Prolétaire chez nous
Gains historiques en péril
Une approche évangélique et humaine
Un calendrier trop révolutionnaire
Quand l'éthique fout le camp

 

KOSOVO SOUVERAIN: UN BEAU DÉFI

Après le Monténégro, le Kosovo. Un autre Etat souverain qui se joint à l’Organisation des Nations unies. Deux millions d’habitants, un pays pas plus grand que la Beauce et vingt fois moins nanti. Un pays enclavé, des structures sociales archaïques, quelques ressources minières et quelques industries, de l’élevage bovin et ovin. Sa grande chance, c’est de pouvoir un jour se joindre à l’Union européenne et d’en soutirer des avantages substantiels tout en lui apportant en retour une contribution originale.

Les images que nous a servies la télévision montrent un peuple en liesse, des jeunes qui envahissaient les rues pour clamer leur enthousiasme et nous dire que pour eux s’ouvre un temps nouveau. A Québec j’ai vu de jeunes Kosovars qui paradaient sur la Grande-Allée à bord de véhicules bondés, brandissant le drapeau national et faisant résonner le bruit des klaxons. Tout ça pour célébrer l’indépendance de leur pays.

C’est que pour un peuple libre, la souveraineté, c’est la normalité. Même dans le cas d’un petit pays dont le niveau de développement est modeste et qui doit composer avec des voisins pas toujours plaisants. Se prendre en main, pour une nation, cela s’inscrit dans la nature des choses. C’est devenir responsable, assumer une aire géographique, un espace terrestre où déployer une culture, une langue, une vision du monde à laquelle on croit, y réaliser un développement économique et social de qualité. Un beau défi.

Encore plus la normalité pour un peuple quand celui-ci connaît déjà un niveau élevé de développement, qu’il dispose de vastes ressources et a la chance de cohabiter avec des voisins vivables. Mais à condition de le vouloir. « Demain nous appartient si nous le voulons », dit une chanson de chez nous. Avec la moitié de la volonté des Kosovars le Québec deviendra un pays souverain. Avec ou sans référendum.

LOUIS O’NEILL
Février 2008