EN SAVOIR PLUS SUR LES PÉCHÉS SOCIAUX
Le 13 mai , Développement et paix a transmis au Gouvernement fédéral une pétition signée par 190,000 citoyens et citoyennes demandant qu’on examine les comportements à l’étranger de compagnies minières, pétrolières et gazières étiquetées canadiennes. De son côté, une communauté religieuse qui, par l’intermédiaire d’un mandataire, a effectué des investissements dans une multinationale veut en savoir plus sur la manière dont la dite entreprise s’acquitte de ses obligations à l’égard de collectivités locales en Afrique et en Amérique latine. Il semble que les entreprises visées se moquent des exigences élémentaires de justice sociale et économique.
Ces deux cas illustrent ce que Gianfranco Girottti ( Voir Edito de mai 2008) appelle un péché social. Les choix éthiques, dans un contexte de mondialisation, se font souvent par le biais de décisions techniques et commerciales prises au sein de structures et d’appareils de direction qui échappent à l’attention des propriétaires de capitaux, à savoir les actionnaires. Beaucoup de détenteurs d’actions n’ont qu’une vague idée de la façon dont on fait fructifier leurs placements dans des pays étrangers. Dans la plupart des cas, les bénéficiaires de caisses de retraite en savent encore moins. Des retraités seraient sûrement consternés d’apprendre que telle entreprise florissante dont leur caisse tire profit exploite sans vergogne des travailleurs sans défense, que telle autre détruit l’environnement, que telle autre s’emploie à corrompre des dirigeants politiques afin de profiter de privilèges indus ou encore se livre au commerce des armes. Les instigateurs de péchés sociaux trafiquent au cœur d’un univers ténébreux.
Voici que des institutions soucieuses de justice sociale et économique ont décidé d’y voir un peu plus clair et d’aller au fond des choses. Un comportement qui leur fait honneur et un exemple à suivre.
LOUIS O’NEILL
Mai 2008
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