L’ÉVOLUTIONNISME : UNE RELIGION ?
On peut lire dans LA PRESSE du 10 février 2009 un éditorial imprégné de ferveur à la mémoire de Charles Darwin et qui souligne la parution, il y a 150 ans, de L’origine des espèces. L’auteur profite de l’occasion pour pourfendre les créationnistes, adeptes à ses yeux d’un obscurantisme qui représente un danger pour le progrès du savoir et la civilisation. A noter qu’on retrouvait, en pire et en plus prétentieux, cette même approche teintée de virulence dans Québec Science (avril 2006) et dans le numéro spécial du Nouvel Observateur intitulé La Bible contre Darwin (Décembre 2005-janvier 2006).
Le problème avec ce genre de littérature plus apparentée à la diatribe qu’à la froide raison, c’est de n’accorder aucun crédit à des gens qui reconnaissent l’évolution comme un fait scientifiquement reconnu mais adhèrent néanmoins à une certaine forme de créationnisme au sens où ils discernent l’existence d’une principe premier, d’une finalité, d’une intelligence en action au sein du processus d’évolution. Leur démarche n’est pas religieuse, elle est philosophique. Ils se sentent allergiques autant à un évolutionnisme érigé en religion qu’à un créationnisme hissé au niveau d’une religion.
Dans le débat actuel, il est opportun de lire ou de relire Darwin. Mais aussi Teilhard de Chardin, qui a enrichi la notion d’évolution d’une dimension philosophique éclairante qui dépasse le matérialisme plat.
(Voir mon édito Evolutionnisme et créationnisme, mai 2006). Chez Teilhard l’évolutionnisme chemine avec une foi en recherche de compréhension et une démarche philosophique rigoureuse.
Reste à souhaiter, chez les zélotes spécialisés dans un savoir pur, unique et infaillible, la pratique d’une certaine modestie qui pourrait leur faciliter l’accès à des horizons insoupçonnés.
LOUIS O’NEILL
Février 2009
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