Liberté de choix au royaume de la laïcité
Pour qui nous prend-on ?
Prolétaire chez nous
Gains historiques en péril
Une approche évangélique et humaine
Un calendrier trop révolutionnaire
Quand l'éthique fout le camp

 

LE DÉBUT D’UN MONDE NOUVEAU

Nous étions, malheureux Québécois, embourbés, paraît-il, dans un marais d’exclusion et d’intolérance. Mais voici que le cours d’éthique et culture religieuse vient nous libérer et amorcer une ère nouvelle.

C’est du moins ce que pense le premier ministre du Québec, apologète du nouvel enseignement (voir LA PRESSE, 26 avril 2009). Il se réjouit parce que nous pourrons profiter désormais d’un «enseignement qui est le reflet de nos valeurs communes et qui s’ouvre sur l’inclusion et la tolérance». Avant, c’était la grande noirceur, maintenant la grande lumière. Une vraie potion magique, ce nouveau cours. Faut savoir que les grands esprits qui régissent le ministère de l’Education s’y connaissent en potions magiques. Pensons par exemple à la doctrine du socioconstructivisme. Toute une révélation.

Quand un jour le premier ministre rédigera ses mémoires, il pourra profiter de l’occasion pour nous décrire comment se déroulait la vie au Séminaire de Sherbrooke au temps de la grande noirceur. Aussi comment il a réussi à survivre dans cette société québécoise fermée et intolérante dont il est issu et dont le nouveau cours est censé nous libérer. Il va sans doute nous révéler que cela lui a demandé beaucoup de force de caractère. Il fut un grand résistant. Il aura été un héros courageux plongé dans univers ténébreux. Mais a surgi enfin le cours ECR, obligatoire et imposé, qui marque le début d’une ère de liberté. Le premier ministre est sain et sauf. Il peut désormais respirer à l’aise.

LOUIS O’NEILL
Avril 2009