DU PIRE AU MOINS PIRE
Entente nucléaire entre Moscou et Washington( Voir LE DEVOIR, 7 juillet 2009). Les deux superpuissances réduiront considérablement leur arsenal d’ogives nucléaires. Nombre maximal : pas plus de 1675 chacune, ce qui représente une diminution significative d’armes de destruction massive. Un progrès tangible à l’échelle internationale et un signal positif adressé aux autres Etats qui possèdent des armes nucléaires. On est passé du pire au moins pire.
Mais le moins pire n’a rien de rassurant. Les ogives en réserve ont la capacité de reproduire plusieurs fois les destructions d’ Hiroshima et de Nagasaki. On rétorque : pas de danger, car on n’a pas l’intention d’utiliser ces armes de dissuasion. Mais si cela est vrai, que reste-t-il de la capacité de dissuasion ? Et pourquoi maintenir cet arsenal coûteux s’il est devenu inutile ?
Autre question : on veut dissuader qui ? D’autres puissances nucléaires ?
Ou encore des pays dont la capacité militaire conventionnelle pourrait représenter une menace pour la Russie et les Etats-Unis ? De telles éventualités donnent-t-elles le droit moral d’exterminer des populations entières ? Pourtant, le droit à la vie inclut sans aucun doute celui de ne pas être la cible d’armes nucléaires qu’un autre pays garderait en réserve au nom du principe de dissuasion.
On est passé du pire au moins pire lors de la rencontre de Moscou. Reste à faire mieux que le moins pire. Tel sera, espérons-le, l’objectif des prochaines négociations sur le désarmement.
En attendant, on pourra toujours méditer sur le droit de vie et de mort que les gens de pouvoir s’attribuent sur le monde ordinaire.
LOUIS O’NEILL
Juillet 2009
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