Calendrier interculturel
La tour de Pise
Une belle histoire dans un lointain pays
Le passé vu aujourd'hui
Pour mieux comprendre
Lunettes roses

 

LA TOUR DE PISE

Le premier ministre Maurice Duplessis comparaît la Cour suprême du Canada à la Tour de Pise, car, disait-il, elle penche toujours du même bord, c’est-à-dire contre le Québec. La tradition se perpétue : la vénérable institution s’en prend de nos jours à la Charte de la langue française, qu’elle s’évertue à démanteler pièce par pièce, article par article.

Le jugement qu’elle vient de rendre en faveur d’écoles de transition entérine un détournement de loi pratiqué par des gens qui méprisent le caractère français du Québec. Les honorables juges ne semblent pas apprécier plus qu’il ne faut ce détournement, mais ils ne le réprouvent pas. Ils s’en prennent plutôt au législateur québécois, qui a voté un amendement propre à renforcer la portée de la loi. Ils auraient préféré une mesure législative insignifiante.

La Cour suprême redonne aux plus nantis le libre choix de la langue d’enseignement et rétablit l’insécurité culturelle et linguistique qui régnait avant la loi 101. Sans se demander, semble-t-il, si cela ne risque pas de compromettre le vivre-ensemble dont certains parlent avec abondance de nos jours.

Je reconnais néanmoins un effet positif à ce jugement : celui de faire prendre conscience du coût de l’indécision québécoise face au choix d’un pays. Les apparatchiks fédéraux ne lâcheront pas prise. Face à leurs assauts concertés on ne pourra se contenter de balancer indéfiniment entre un oui et un non.

C’est dans un Québec souverain doté d’une constitution et d’une Cour suprême issues de la nation que les jugements de cour en provenance de l’étranger cesseront de représenter une menace.

LOUIS O’NEILL
Octobre 2009